Chaque année, votre caisse de retraite vous envoie un appel de cotisations. Vous en connaissez le montant ; le détail, beaucoup moins — plusieurs régimes empilés, des calculs qui ne suivent pas la même logique, et des droits futurs qu’aucune ligne ne vous permet vraiment de relier aux sommes versées.
Selon votre profession, cet appel vient de la CARMF, de la CARCDSF, de la CAVP, de la CARPIMKO ou de la CIPAV : cinq caisses, un socle commun, puis des règles propres à chacune. Encore faut-il savoir lesquelles, et ce qu’elles changent concrètement pour vous. Ce sont ces règles que nous démêlons chaque jour dans notre accompagnement des professions de santé.
Une profession, une caisse de retraite : le tableau d’ensemble
Commençons par le socle commun. Ces cinq caisses sont des sections de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, la CNAVPL, qui en compte dix au total. Le premier étage de votre retraite obéit donc aux mêmes règles pour un médecin, un orthophoniste ou un ostéopathe : votre caisse appelle les cotisations et verse les prestations, mais elle le fait pour le compte de la CNAVPL, sur des paramètres fixés par l’État.

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Concrètement, en 2026, ce régime de base prélève 8,73 % de vos revenus jusqu’à 48 060 €, puis 1,87 % au-delà, jusqu’à 240 300 € (source : CARMF, cotisations 2026).
C’est tout ce que vous avez en commun avec vos confrères d’une autre profession. Au-dessus de ce socle, chaque caisse construit ses propres étages : une retraite complémentaire dont elle vote elle-même les règles, une couverture invalidité-décès, et, pour les professions conventionnées avec l’Assurance maladie, un régime supplémentaire dont une partie de la cotisation est prise en charge par les caisses maladie.
| Vous exercez comme | Votre caisse | Ce qu’elle gère | Sa particularité |
| Médecin | CARMF | Retraite de base, complémentaire, régime des conventionnés (ASV), invalidité-décès | Un régime complémentaire d’un poids inhabituel, et une prise en charge partielle des cotisations en secteur 1 |
| Chirurgien-dentiste, sage-femme | CARCDSF | Retraite de base, complémentaire, régime des conventionnés (PCV), prévoyance | Une seule caisse, deux professions aux paramètres distincts |
| Pharmacien, biologiste | CAVP | Retraite de base, complémentaire par répartition et par capitalisation, invalidité-décès, régime des conventionnés pour les biologistes | La seule caisse libérale à vous constituer un capital individuel |
| Infirmier, masseur-kinésithérapeute, pédicure-podologue, orthophoniste, orthoptiste | CARPIMKO | Retraite de base, complémentaire, régime des conventionnés (ASV), invalidité-décès | Cinq professions, une caisse, et une retraite complémentaire refondue en 2026 |
| Ostéopathe, ergothérapeute, diététicien, chiropracteur, psychomotricien | CIPAV | Retraite de base, complémentaire, invalidité-décès | Pas de régime des conventionnés, et des cotisations encaissées par l’URSSAF |
Deux précisions à apporter à ce tableau. La première : on n’appartient pas à la CIPAV par défaut. La liste des professions qui en relèvent est fixée par la loi et mêle d’ailleurs des métiers du soin et des métiers qui n’ont rien à voir avec le milieu médical, allant de l’architecte au moniteur de ski.
La seconde : tout ceci ne concerne que l’exercice libéral. Un praticien salarié, en clinique comme à l’hôpital, relève du régime général ou des régimes de la fonction publique hospitalière, et non de la caisse de sa profession. Si vous cumulez les deux, vous cotisez aux deux — nous y revenons en fin d’article.
Ce que 2026 a changé pour tout le monde
Une réforme est entrée en vigueur cette année, et elle rend caducs la plupart des chiffres publiés avant 2026.
Jusqu’ici, vos cotisations sociales et votre CSG-CRDS étaient calculées sur deux bases différentes. Depuis 2026, il n’y en a plus qu’une : votre revenu professionnel avant déduction des cotisations, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 % (source : article L. 136-3 du code de la sécurité sociale, issu de l’article 18 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024). Cet abattement ne peut être inférieur à 845 € ni supérieur à 62 478 € en 2026.
L’intention affichée est de faire porter davantage vos prélèvements sur des cotisations qui ouvrent des droits, et moins sur la CSG qui n’en ouvre aucun : à effort comparable, votre retraite s’en trouve mieux alimentée. En contrepartie, les taux ont été relevés pour tenir compte de cette base plus étroite. Le montant que vous payez et les droits que vous acquérez évoluent donc simultanément, et pas nécessairement dans le même sens.
Le calendrier, lui, n’est pas uniforme. À la CARMF, seul le régime de base bascule sur la nouvelle base de calcul en 2026 ; le régime complémentaire et l’ASV ne suivront qu’en 2027. Un même appel de cotisations peut donc reposer, cette année, sur deux modes de calcul distincts.
CARMF — les médecins libéraux
Un médecin libéral cotise à quatre régimes distincts, et c’est le deuxième qui pèse le plus lourd. Là où le régime de base prélève 8,73 % de vos revenus, la retraite complémentaire en prélève 11,80 %, dans la limite de 168 210 € de revenus. C’est la particularité de la CARMF : l’essentiel de votre future pension se construit à cet étage, pas au niveau du socle commun.
Cette cotisation complémentaire a une caractéristique qu’il vaut mieux connaître à l’avance : elle est calculée sur vos revenus d’il y a deux ans et n’est jamais réajustée ensuite. Une année creuse ne vous soulage donc pas l’année suivante — vous continuez à cotiser sur un niveau de revenus que vous n’avez plus.
Vient ensuite l’ASV, l’allocation supplémentaire de vieillesse, réservée aux médecins conventionnés. Elle mêle une part fixe et une part proportionnelle à vos revenus conventionnés. Son intérêt est réel : en secteur 1, les caisses maladie en financent les deux tiers, et participent également à votre cotisation de base ; en secteur 2, la totalité reste à votre charge. Hors convention, l’ASV n’est ni due ni acquise.
Le quatrième régime, invalidité-décès, couvre l’arrêt de travail, l’invalidité et le décès. Sa cotisation dépend de vos revenus, dans une fourchette resserrée : 626 € en dessous de 48 060 € de revenus, 1 010 € au-delà de 144 180 €.
Vos premières années d’exercice, elles, réservent une surprise. Les deux premières années, la cotisation complémentaire n’est pas due — sauf si vous avez commencé votre activité libérale après 40 ans. En revanche, la part fixe de l’ASV, elle, est appelée en totalité dès la première année. Un jeune médecin installé en secteur 2 verse ainsi près de 5 800 € à ce seul titre avant d’avoir soigné son premier patient, quand sa cotisation de base, elle, plafonne à moins de 1 000 €. Ce décalage fait partie des points que nous anticipons systématiquement avec les médecins libéraux que nous suivons.
CARCDSF — chirurgiens-dentistes et sages-femmes
La CARCDSF couvre deux professions que rien ne rapproche au quotidien : les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes. C’est une particularité qui a une conséquence concrète — les montants et les taux publiés valent pour l’une ou pour l’autre, rarement pour les deux. Un chiffre lu sur un forum ou dans un article généraliste, sans mention de la profession concernée, a donc une chance sur deux de ne pas vous concerner.
La structure, elle, est commune. Le régime de base est celui de toutes les professions libérales, que la caisse gère pour le compte de la CNAVPL. Au-dessus vient un régime complémentaire propre à la CARCDSF, dont les paramètres sont votés par les élus de son conseil d’administration — autrement dit par des praticiens des deux professions. C’est à cet étage que se concentre l’essentiel de l’effort de cotisation, et c’est aussi le seul sur lequel la profession garde la main.
Le troisième étage est réservé aux praticiens conventionnés : le régime des prestations complémentaires de vieillesse, ou PCV. Vous le retrouverez sous le sigle ASV chez d’autres caisses, pour un mécanisme comparable. Son intérêt tient en un chiffre : les deux tiers de la cotisation sont financés par l’Assurance maladie. Se déconventionner revient donc à renoncer à cette part de financement, ce qui mérite d’entrer dans le calcul au moment où la question se pose. C’est un arbitrage que nous chiffrons dans notre conseil aux chirurgiens-dentistes.
S’y ajoute enfin une couverture invalidité-décès, qui prend le relais en cas d’arrêt prolongé, d’invalidité ou de décès. Là encore, les montants diffèrent entre les deux professions.
CAVP — pharmaciens et biologistes
Les pharmaciens et les biologistes relèvent d’une caisse qui ne ressemble à aucune autre. Partout ailleurs, votre retraite complémentaire fonctionne par répartition : vos cotisations financent les pensions versées aujourd’hui, et vous acquérez en échange des droits sur les générations suivantes. À la CAVP, la retraite complémentaire comporte deux volets : l’un fonctionne selon ce principe classique, l’autre vous constitue un capital individuel, placé, qui sera converti en rente au moment de votre départ.
Ce second volet est celui sur lequel vous avez la main. Vous y cotisez par classes, et le montant annuel s’échelonne de 2 906 € à 17 436 € selon celle que vous retenez. Près de 15 000 € d’écart annuel, sur une décision qui se prend une fois et produit ses effets pendant trente ans : c’est probablement l’arbitrage le plus structurant de la protection sociale d’un pharmacien. Nous le posons noir sur blanc avec les pharmaciens que nous conseillons, chiffres à l’appui.
Deux évolutions à connaître. La première : la réforme des classes de cotisation sera déployée progressivement à partir de 2027, avec une montée en charge étalée sur cinq ans, destinée à relever l’effort de cotisation et, en contrepartie, les pensions futures (source : CAVP, 2026). La seconde concerne le volet en répartition : en 2026, sa cotisation intègre un taux d’appel de 105,4 %, et cette majoration de 5,4 % n’ouvre aucun droit à retraite supplémentaire (source : décret n° 2025-1076 du 10 novembre 2025).
Le démarrage, enfin, obéit ici à une règle plus favorable qu’ailleurs. Vos cotisations de retraite de base et d’invalidité-décès sont suspendues pendant vos douze premiers mois, sans perte de droits — avec un rattrapage si vos revenus de cette première année dépassent 36 045 €.
Reste une singularité qui n’a rien à voir avec la retraite, et qui découle pourtant directement du volet par capitalisation. Les sommes placées par la caisse financent notamment un dispositif d’aide à la première installation : la CAVP ne pouvant prêter directement à ses affiliés, elle a confié la gestion d’un fonds à une société spécialisée, qui complète l’apport personnel des primo-installants. Une caisse de retraite qui aide à acheter l’officine dont la revente financera, en partie, la retraite : la boucle a sa logique.
CARPIMKO — infirmiers, kinésithérapeutes et auxiliaires médicaux
Cinq professions relèvent de la CARPIMKO : les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les pédicures-podologues, les orthophonistes et les orthoptistes. Cinq métiers, cinq réalités économiques, mais des règles de cotisation communes — et profondément remaniées début 2026.
Le 1ᵉʳ janvier 2026, la retraite complémentaire de la CARPIMKO a changé de logique. Jusque-là, elle reposait sur deux étages : une cotisation fixe, la même pour tous, qui garantissait huit points de retraite par an, complétée par une cotisation proportionnelle aux revenus. Depuis, la cotisation fixe a disparu. Une seule cotisation subsiste, égale à 8,70 % de vos revenus, appelée sur la tranche comprise entre 24 030 € et 144 180 €.
Ce que cela change tient en une phrase : vos points ne dépendent plus que de ce que vous versez. Il n’y a plus de socle acquis d’office. Un praticien à revenus modestes cotise donc moins qu’avant — et acquiert moins de droits. Un praticien à revenus élevés cotise davantage, et en acquiert davantage. La réforme rend le système plus proportionnel, et ce que l’ancien système garantissait — des points acquis même les mauvaises années — n’existe plus.

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Deux régimes complètent l’ensemble. L’ASV, réservé aux seuls praticiens conventionnés, associe une part fixe modeste à une part proportionnelle à vos revenus conventionnés, avec une prise en charge de deux tiers par l’Assurance maladie. Et le régime invalidité-décès, dont la cotisation est fixe — 1 022 € en 2026, quel que soit votre niveau de revenus. C’est lui qui finance vos indemnités journalières en cas d’arrêt prolongé, votre pension d’invalidité et le capital versé à vos proches en cas de décès. Nous y consacrerons un article entier, tant l’articulation avec l’Assurance maladie est mal connue.
Un mot enfin sur ce que la CARPIMKO ne fait pas. Elle gère votre retraite et votre prévoyance, rien d’autre. Votre cotisation maladie, la CSG-CRDS et les autres contributions relèvent de l’URSSAF, sur des appels distincts. Deux organismes, deux calendriers, deux interlocuteurs : c’est l’une des sources de confusion les plus fréquentes, et c’est d’ailleurs la première question que nous posent les infirmiers libéraux qui s’installent.
CIPAV — ostéopathes et professions inscrites sur la liste
Si vous êtes ostéopathe, ergothérapeute, diététicien, chiropracteur ou psychomotricien, vous relevez de la CIPAV. On pourrait en conclure que celle-ci est la caisse des professions du soin non conventionnées. Ce n’est pas le cas : on relève de la CIPAV parce que sa profession lui est expressément rattachée par les textes, et la CIPAV regroupe des métiers qui dépassent largement le domaine du soin — architectes, géomètres-experts, ingénieurs-conseils, guides de haute montagne…
Le périmètre de la CIPAV a été considérablement resserré en 2019. Auparavant, elle accueillait par défaut les professions libérales non rattachées ailleurs ; désormais, celles qui n’y figurent pas relèvent du régime général. Certains professionnels affiliés avant cette date ont pu rester à la CIPAV, quand d’autres exerçant le même métier ont dû basculer. Si vous vous êtes installé de longue date, vérifiez sur votre appel de cotisations de quelle caisse vous relevez réellement : la réponse ne se déduit pas de votre profession seule.
Le fonctionnement, lui, s’est simplifié. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, c’est l’URSSAF qui encaisse vos cotisations de retraite et de prévoyance, en même temps que vos cotisations maladie et votre CSG-CRDS. Là où un kinésithérapeute compose avec deux organismes et deux calendriers, vous n’avez qu’un interlocuteur et un seul échéancier. La CIPAV reste votre caisse — elle gère vos droits et versera votre pension — mais elle n’encaisse plus vos cotisations.
Ce transfert s’est accompagné d’un changement de logique. Vos cotisations de retraite complémentaire et d’invalidité-décès, autrefois forfaitaires, sont désormais proportionnelles à vos revenus. Moins de cotisations les années creuses, davantage les années chargées.
Reste une différence de fond avec les quatre autres caisses : il n’existe pas de troisième étage. Le régime réservé aux praticiens conventionnés, dont l’Assurance maladie finance les deux tiers ailleurs, n’a pas d’équivalent ici — puisque les professions concernées n’exercent pas sous convention.
Le démarrage : une règle commune, cinq traitements différents
Toutes ces caisses partagent une caractéristique, et c’est celle qui déstabilise le plus les praticiens qui s’installent : vos premières cotisations n’ont presque aucun rapport avec vos premiers revenus. Elles sont calculées sur des bases forfaitaires, faute pour votre caisse de savoir ce que vous allez gagner. L’ajustement viendra plus tard, quand vos revenus réels seront connus — et il portera sur des sommes que vous aurez déjà dépensées.
Ce que ce guide permet de voir, c’est que la règle de départ est la même pour tous — et que chaque caisse y ajoute ensuite ses propres aménagements.
La base de calcul des deux premières années est en effet commune à toutes les professions libérales : 9 131 € en 2026, soit 19 % du plafond de la sécurité sociale, que vous soyez pharmacien ou orthoptiste (source : URSSAF, 2026). C’est ce qui se greffe par-dessus qui change tout.
| Votre caisse | Ce qu’elle ajoute à la règle commune |
| CARMF | La retraite complémentaire n’est pas due pendant deux ans, sauf installation après 40 ans. En revanche, la part fixe de l’ASV est appelée en totalité dès la première année |
| CARCDSF | L’affiliation ne prend effet qu’au trimestre civil suivant le début d’activité, et les cotisations sont dues au prorata des trimestres |
| CAVP | Retraite de base et invalidité-décès suspendues douze mois, sans perte de droits — le seul dispositif de ce type parmi les cinq |
| CARPIMKO | Rien de plus. La cotisation invalidité-décès de 1 022 € est due en totalité dès la première année |
| CIPAV | Rien de plus : vous relevez de la règle commune, sans aménagement propre |
Trois caisses allègent réellement le démarrage, deux s’en tiennent au minimum légal — et l’une d’elles appelle même une cotisation à taux plein pendant que ses consœurs en suspendent une. La trésorerie d’un praticien qui s’installe n’a donc rien de comparable d’une profession à l’autre, alors même que le régime de base, lui, obéit aux mêmes règles pour tous. Et cette différence intervient au moment précis où elle se supporte le moins bien : celui où l’on rembourse un emprunt d’installation avec une patientèle qui n’est pas encore constituée.
« Nous provisionnons dès la première année, systématiquement, sur un compte séparé. Ce n’est pas de la prudence excessive : c’est ce qui vous permettra de traverser votre troisième année sereinement, au lieu de la subir. »
— Élisabeth Albuquerque
Ce que votre structure d’exercice change, et ce qu’elle ne change pas
Une question revient dans presque tous nos rendez-vous : en passant en société, change-t-on de caisse de retraite ? Non. Votre rattachement dépend de votre profession, pas de la forme juridique sous laquelle vous l’exercez. Un chirurgien-dentiste reste à la CARCDSF en SELARL comme en nom propre, un pharmacien reste à la CAVP, un ostéopathe à la CIPAV.
Ce qui change, c’est ce sur quoi votre caisse calcule vos cotisations. En nom propre, la réponse est simple : votre bénéfice. En société soumise à l’impôt sur les sociétés, elle l’est moins — vos cotisations portent sur votre rémunération, et une fraction des dividendes que vous vous versez peut y être réintégrée (source : URSSAF, notice 2026). Deux praticiens aux revenus identiques peuvent donc cotiser différemment, et se constituer des droits différents, selon la façon dont ils se rémunèrent.
C’est la raison pour laquelle un passage en société ne s’apprécie jamais sur le seul terrain fiscal. L’économie d’impôt se mesure l’année même ; l’effet sur vos droits à retraite, des décennies plus tard. Nous détaillons ce calcul dans notre article consacré au seuil de passage en société.
Les questions que vous nous posez le plus souvent
Je fais des remplacements : dois-je cotiser à une caisse ?
Oui, dès le premier euro. Un remplaçant exerce en libéral, il relève donc de la caisse de sa profession au même titre qu’un praticien installé. L’idée répandue selon laquelle les remplacements occasionnels échapperaient à l’affiliation est fausse, et la régularisation finit toujours par arriver.
En revanche, la plupart de ces caisses prévoient des réductions, voire des dispenses, lorsque les revenus restent faibles. Ces dispositifs ne sont jamais automatiques : ils supposent une demande de votre part, dans des délais souvent courts. Renseignez-vous auprès de votre caisse dès votre première année de remplacements.
Mon conjoint travaille au cabinet : doit-il cotiser ?
S’il exerce une activité régulière dans votre cabinet sans être salarié ni associé, il relève du statut de conjoint collaborateur. Ce statut doit être déclaré, et il ouvre des cotisations propres, calculées sur une fraction de vos revenus — mais il ouvre aussi des droits personnels à la retraite, ce qui est précisément son objet.
Les modalités varient d’une caisse à l’autre : adhésion obligatoire ici, volontaire ailleurs, avec des options de calcul différentes. C’est un point à vérifier auprès de votre caisse avant de choisir.
Je suis salarié et libéral : je cotise deux fois ?
Oui, et c’est normal. Vos deux activités relèvent de deux régimes distincts : le régime général pour votre poste salarié, la caisse de votre profession pour votre activité libérale. Vous cotisez auprès de chacun, et vous acquérez des droits auprès de chacun.
Ces droits ne se perdent pas : ils s’additionnent au moment de la liquidation. Le même raisonnement vaut si vous exercez deux activités libérales relevant de deux caisses différentes — situation rare, mais possible. Le cumul de cotisations n’est jamais un doublon.
Ma caisse me couvre-t-elle en cas d’arrêt de travail ?
En partie, et tardivement. Votre caisse verse des indemnités journalières au titre de son régime invalidité-décès, mais seulement à partir du 91ᵉ jour d’arrêt à la CARPIMKO, par exemple (source : CARPIMKO, 2026). Les premières semaines relèvent d’un autre mécanisme, propre aux professions conventionnées.
Les montants sont forfaitaires et sans rapport avec vos revenus réels : un praticien à honoraires élevés découvre souvent l’écart au pire moment.
Un paramètre de gestion, pas une formalité
Cachée derrière un sigle qu’on subit plus qu’on ne le choisit, votre caisse de retraite mérite d’être regardée de près. Elle détermine ce que vous versez chaque année, ce que vous toucherez à la retraite, ce qui vous protège en cas d’arrêt — et, les premières années, ce qu’il vous reste réellement pour vivre.
Ces règles évoluent vite : deux réformes majeures sont entrées en vigueur en 2026, une troisième attend les pharmaciens en 2027. Les subir revient à découvrir chaque année ce que l’on aurait pu anticiper.
Vous vous installez, vous changez de structure, ou vous préparez votre sortie ? Parlons ensemble de gestion patrimoine avant que les chiffres ne tombent.
